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vendredi 19 mai 2017

Le circuit de « l’or sale » en question

Connaissez-vous la traçabilité des bijoux en or que vous achetez ? Le documentaire Dirty Gold War - «Or sale» - sera projeté vendredi 26 mai à l'Eldorado et vous fera pénétrer dans le milieu opaque de la filière de l'or.

De la mine de Cajamarca dans l'Altiplano péruvien, plus grande mine à ciel ouvert d'Amérique du Sud, au méga projet minier industriel de Belo Monte dans l'Amazonie brésilienne et aux vitrines de luxe de Londres et de Genève - qui joue un rôle crucial en raffinant et façonnant les lingots d’or du monde entier et fait de la Suisse le plus grand importateur d'or au monde (2500 tonnes/an)...

Dirty gold war (Or sale), documentaire de 50 minutes réalisé par Daniel Schweizer, bouscule les idées reçues, dérange pour mieux nous interpeller sur la «folie de l’or » et ses conséquences catastrophiques pour les populations autochtones et l’environnement. Cette enquête brosse le portrait des principaux opérateurs miniers, donne la parole à des victimes de l'exploitation aurifère et montre le combat naissant et porteur d'espoir mené par les partisans de l'or "vert".

Dirty gold war (Or sale) sera projeté vendredi prochain le 26 mai à 18h et 20h au cinéma Eldorado à Cayenne et sera suivi d'un échange de 60 minutes entre le public et le collectif Or de question, organisateur de l'évènement.

«La terre c'est notre richesse, elle produit la nourriture. Nous tous, plantons et ça pousse de la terre. Mais pas l'argent. Avec l'or on construit une maison mais ça ne pousse pas» (Davi Kopenawa, cacique du peuple Yanomami)

L'or sale projeté le 26 mai à l'Eldorado L'or sale projeté le 26 mai à l'Eldorado

La Montagne d'or en toile de fond

Contre le projet industriel minier dit de la Montagne d’Or située au nord-ouest de la commune de Saint-Laurent du Maroni à côté de la réserve biologique intégrale de Lucifer Dékou-Dékou, plus grande réserve biologique de France, le collectif Or de question s'est créé en février. Il appelle la population à «s’informer sur cette chimère» qu'est le projet d’extraction aurifère de la Montagne d’Or porté par les sociétés minières canadienne Colombus Gold et russe Nordgold, avec l’accord du gouvernement français mais «au mépris de la législation française et des populations autochtones qui n’ont jamais été consultées sur ce projet de mine d’or». (Guyaweb du 22 février)

Or de question regroupe 26 associations dont Guyane Ecologie, Maiouri Nature, Les Colibris, la Ligue des Droits de l’Homme, le Collectif Couachi, la Foag, le Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengés, les Nations premières, Guyane Mo Péyi, Ingénieurs Sans Frontières, Sauvons la forêt, les fondations Danielle Mitterrand France-Libertés et Nicolas Hulot... fraîchement nommé ministre de la Transition écologique et solidaire !

La nomination de Hulot est  « un signal fort de ce nouveau gouvernement » a réagi le Collectif Or de question qui « atten(d) bien évidemment la position du gouvernement sur le projet de méga mines industrielles en Guyane, notamment celui de la Montagne d'Or ».

« Nous ne doutons pas de la position du ministre Hulot sur cette question ; d'ailleurs sa fondation a été l'une des premières, parmi la centaine d'autres ONG, à soutenir le collectif Or de question. Notre travail consistera, en priorité, à convaincre le président Macron ainsi que son Premier ministre que les Guyanais ont fait un autre choix de développement pérenne pour la Guyane et refusent ce projet au regard des impacts immédiats qu'il engendrerait pour le territoire et la population, sans compter ceux qu'il laisserait pour des décennies aux générations futures. »