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© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - Photographe : AFP/Archives

jeudi 17 mai 2018

Le PDG de La Provence démissionne après des invitations frauduleuses pour OM-Atlético

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - Photographe : AFP/Archives
Le siège du journal La Provence le 23 juillet 2013

Il voulait faire une "belle opération" de relations publiques, mais la finale de l'Europa League disputée par l'OM a coûté son poste au PDG de La Provence, contraint à la démission après avoir invité au match des annonceurs dans des conditions interdites par l'UEFA.

"Je n'ai pas essayé d'escroquer les gens, mais seulement de faire une belle opération de relations publiques, ça partait d'un bon sentiment, mais je ne me suis pas renseigné côté légal", a assuré à l'AFP Jean-Christophe Serfati, dont la démission a été révélée jeudi matin par Le Figaro.

Concrètement, le journal détenu par Bernard Tapie avait proposé à ses annonceurs la possibilité d'acquérir un "pack" leur offrant, en échange de l'achat d'encarts publicitaires dans le quotidien, des entrées pour le stade achetées auprès d'une agence néerlandaise, selon des informations révélées mercredi par le site Marsactu et le Canard enchaîné. Mais le règlement de l'UEFA prévoit que seuls les sponsors de l'Europa League sont autorisés à monter de telles opérations commerciales ou promotionnelles autour des matches de la compétition.

"J'ai essayé d'obtenir des places à Marseille, mais je n'y suis pas parvenu, j'ai alors été contacté par cette société néerlandaise qui m'a proposé des places, c'est une erreur", a expliqué l'ex-PDG, arrivé il y a tout juste un an à la tête du journal.

M. Serfati a assuré avoir rendu les places pour prouver sa "bonne foi" et que l'UEFA lui avait finalement attribué 50 places pour que "les VIP puissent quand même assister au match".

- "Désespérant" -

Avant l'annonce de la démission de Jean-Christophe Serfati, Bernard Tapie l'avait appelé dans une déclaration à l'AFP à "prendre ses responsabilités", évoquant une "faute". "Je regrette sa démission car il a été très bon dans ses fonctions", a-t-il ensuite réagi, assurant que M. Serfati avait pris sa décision "en toute conscience".

"M. Serfati a pensé bien faire en invitant des annonceurs, il a oublié totalement de demander s'il avait le droit de le faire. L'UEFA et La Provence vont déposer plainte contre l'entité qui a vendu les places", a aussi commenté M. Tapie.

"On est dépités. Soit c'est de l'escroquerie, soit c'est de l'incompétence, soit c'est de l'escroquerie incompétente. C'est désespérant", a réagi auprès de l'AFP une journaliste de la rédaction.

La Provence s'est "ridiculisée", a de son côté regretté le SNJ, réclamant "des éclaircissements et des justifications", au plus tard lors du comité d'entreprise qui doit avoir lieu vendredi: "nous voulons des réponses sur ce qui a provoqué la démission de Jean-Christophe Serfati et, surtout, sur ses conséquences".

M. Serfati avait pris les rênes du journal en juin 2017 après la démission de son prédécesseur Claude Perrier qui avait justifié son départ en expliquant "avoir terminé la mission qui lui avait été confié".

Propriété de l'homme d'affaires Bernard Tapie, La Provence comprend 7 éditions diffusées à 117.000 exemplaires, dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence.

Selon les chiffres communiqués par la Provence, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires estimé à 66 millions d'euros en 2016 contre 67,98 millions en 2015 et dégagé un bénéfice net de 1,8 millions d'euros en 2016 contre une perte nette de 4,1 millions en 2015.