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© TOLGA AKMEN - Photographe : AFP

dimanche 19 novembre 2017

Autonomes et électriques: les voitures du futur à portée de volant

TOLGA AKMEN - Photographe : AFP
Une BMW hybride présentée au Regent Street Motor Show à Londres, le 4 novembre 2017

Elles seront autonomes, électriques et bouleverseront nos habitudes de déplacement: poussées par les progrès technologiques et les impératifs environnementaux, les voitures du futur ne sont plus très loin de notre quotidien, mais devront aussi surmonter certains écueils.

Alors que de plus en plus de pays annoncent l'abandon progressif des voitures à essence et diesel, les premières versions de ces véhicules sillonnent même déjà les routes du monde entier, entre voitures hybrides ou partiellement autonomes.

Le changement affecte également les mentalités, et notre rapport au fait de posséder un véhicule, quand il suffit maintenant de prendre son téléphone pour, en quelques minutes à peine, trouver une voiture à louer, ou un chauffeur.

Pour David Metz, un expert du Centre for Transport Studies de l'University College de Londres, les villes développées ont atteint un "pic" en matière d'automobiles, et sont désormais de moins en moins prêtes à faire de la place à ces véhicules autrefois jugés incontournables.

JUSTIN TALLIS - Photographe : AFP/Archives
Une voiture autonome à Milton Keynes, près de Londres, le 11 octobre 2016

"Nous constatons que les zones urbaines à forte densité connaissent plus de succès avec moins de trafic", souligne-t-il, citant le quartier ultra-fréquenté de Leicester Square, en plein centre de Londres.

Signe de cette évolution, les urbanistes finissent par abandonner les modèles de plan quadrillé du XXe siècle axés sur l'automobile.

Les voitures personnelles, souvent inactives 23 heures par jour, subissent aussi la concurrence du covoiturage, des locations courte durée, et du partage de véhicules, des moyens de transport disponibles dans le monde entier et dopés par les technologies mobiles.

- Des "progrès" à faire -

A terme, ce sont les voitures autonomes qui sont appelées à révolutionner les déplacements.

Exemple? En Chine, des projets urbains sont développés pour n'autoriser que la circulation de véhicules électriques, autonomes et publiques, note Graeme Smith, directeur général d'Oxbotica, une société britannique concevant des logiciels pour véhicules autonomes.

TOLGA AKMEN - Photographe : AFP
Une Renault électrique présentée au Regent Street Motor Show à Londres, le 4 novembre 2017

"Dans ces villes, votre vie serait fondamentalement différente", dit-il à l'AFP.

Mais le secteur doit encore "faire des progrès", prévient-il, en réduisant le coût des capteurs qui équipent ces voitures, et en améliorant leurs performances.

Ce qui n'empêche pas certaines voitures partiellement autonomes de rouler déjà sur les routes. Au Royaume-Uni, les véhicules disposant d'une autonomie de niveau 4 (soit quasi-totale) devraient commencer à entrer sur le marché en 2021.

L'introduction des voitures sans conducteur pourrait contribuer à réduire significativement les embouteillages, notamment via le partage d'informations en temps réel sur l'état du trafic.

La transition vers les véhicules électriques est elle déjà bien amorcée, avec des constructeurs prêts à relever le défi. Volvo, par exemple, entend lancer uniquement des modèles électriques ou hybrides à compter de 2019.

"C'est vraiment l'objectif ultime de l'industrie automobile", déclarait récemment Eric Feunteun, directeur du programme véhicules électriques de Renault, lors d'une démonstration à Utrecht.

- Voiture volante ? -

L'initiative vient aussi des Etats: le Royaume-Uni et la France projettent ainsi de mettre fin aux ventes de voitures essence ou diesel d'ici 2040.

Ou encore des villes: Londres va mettre en place une zone réservée aux véhicules propres dans le centre-ville en 2019, et espère étendre la mesure au-delà du centre d'ici 2021.

TOLGA AKMEN - Photographe : AFP
Une BMW électrique présentée au Regent Street Motor Show à Londres, le 4 novembre 2017

Pour parvenir à s'imposer, les voitures du futur devront toutefois résoudre une série de difficultés, à commencer par la disponibilité inégale des bornes de rechargement électriques.

Une insuffisance "déplorable" qui s'ajoute aux problèmes d'autonomie de ces véhicules, regrette le journaliste automobile Matt Robinson, peu convaincu par les informations fournies par les constructeurs à ce sujet.

Matt Robinson s'interroge en outre sur la capacité des usagers à surmonter leur "peur" d'être pilotés par des machines.

A ces différents problèmes, les spécialistes imaginent déjà les solutions: des plateformes de recharge sans fil installés sous les routes, des métros capables de transporter des voitures, ou encore des voitures-drones volantes.