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lundi 12 février 2018

Le bwadjak négrier interdit de carnaval

Le bwadjak négrier qui défraie la chronique depuis hier (11 février 2018) ne pourra plus circuler dans les rues de Fort-de-France. La municipalité vient de prononcer une interdiction de circuler à son encontre.

Moins de 24 heures après la diffusion de l'interview d'un passager d'un bwadjak négrier, la municipalité de Fort-de-France a réagi en interdisant au véhicule de circuler dans les rues de la ville.

Dans un communiqué de presse rendu public il y a quelques minutes ce lundi matin (12 février 2018) le maire de Fort-de-France indique : "Si la Ville de Fort-de-France, revendique la dérision et l’impertinence de son carnaval, elle refuse cependant catégoriquement que la traite et l'esclavage, reconnus de surcroît en tant que crime contre l'humanité, soient requalifiés de « petit moment d’humour » et prononce l’interdiction immédiate de ce char en lui retirant son autorisation administrative de prendre part au défilé".

L'intégralité du communiqué de la municipalité :

"La Ville de Fort-de-France condamne fermement la mise en scène ainsi que l’interview donnée à l’antenne de Martinique 1ère par un représentant d’un char de l'association "Spri e Tradisyon" dénommé  « NÉGRIER BWAJACK » qui a circulé dans les rues de Fort-de-France ce dimanche 11 février 2018 à l’occasion du premier jour de la parade carnavalesque.

Si les autorisations délivrées par les services municipaux ont reconnu la conformité technique du véhicule et la validité du thème de la valorisation de la mémoire initialement indiqué, la Ville de Fort-de-France dénonce la mise en scène proposée, ainsi que le parti pris assumé de « rire de ce qui s’est passé » ou de « prendre les choses avec humour ».

Ces actes constituent des injures à la mémoire du peuple martiniquais et à son histoire douloureuse.

Si la Ville de Fort-de-France, revendique la dérision et l’impertinence de son carnaval, elle refuse cependant catégoriquement que la traite et l'esclavage, reconnus de surcroît en tant que crime contre l'humanité, soient requalifiés de « petit moment d’humour » et prononce l’interdiction immédiate de ce char en lui retirant son autorisation administrative de prendre part au défilé.

L’association, informée de cette interdiction, pourrait faire l’objet de poursuites en cas de non-respect de cette décision."