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jeudi 14 juin 2018

Cinéma : le prix des billets va augmenter prévient le circuit Elizé

Le syndicat Antilles-Guyane et de la Réunion des exploitants de salles de cinéma s’inquiète des conséquences de l’application dans notre région, de la TSA, la taxe prélevée sur les tickets d’entrées. Cette taxe mettrait en péril l’équilibre financier et la pérennité même de certaines structures. Longtemps épargné par cette taxe sur les billets de cinéma, le groupe Elizé, propriétaire de plusieurs cinéma dans les Antilles-Guyane va devoir s'en acquitter. Le diffuseur de film annonce d'ores-et-déjà un impact inévitable sur le prix des places.

Le syndicat des exploitants de cinéma outre mer (SECOM) regroupant la Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion veut négocier avec le gouvernement. Il souhaite un taux de la taxe spéciale additionnelle (TSA) moins élevé qu'en Métropole.

Cette taxe a été mise en place aux Antilles Guyane La réunion depuis 2016, et progresse sur 7 ans, jusqu'à un alignement total en 2022. Elle atteindra le seuil de 10,72 % comme dans l'Hexagone.

Pour le moment dans les DROM elle est à 3%. Elle augmentera à 5% en 2019, 2020 le taux atteindra 6,5 %, 8% en 2021 et 10,72% en 2022. Cette taxe est prélevé sur les billets de cinéma vendus.

Pour un gel de la taxe

Les propriétaires voient cette augmentation comme une menace pour la pérennité de la filière cinéma dans les 4 départements cités, si son taux n'est pas adapté aux réalités locales. Le syndicat demande un gel de la taxe dans un premier temps.

À long terme, le Secom souhaite une taxe à hauteur 3% du chiffre d'affaire (vente des tickets) pour les DROM et pas plus.

Des coûts supplémentaires

Une taxe de 10,72% du chiffre de d'affaire, c'est trop pour les drom selon le SECOM dont fait parti le groupe Elizé (actionnaire du groupe RCI) puisque leurs charges d'exploitations sont nettement plus importantes qu'en Hexagone (sécurité, internet, prime d'assurance, éloignement, décalage horaire...) 

Selon une étude menée par le cabinet VERSO, il existe 1 million d'euros de charges en moins pour un cinéma en Europe comparable à Madiana, par exemple.

Une taxe utile...

Cette taxe sert à soutenir l'investissement des cinémas (travaux par exemple). Versée au Centre national du cinéma et de l'image animée, elle sert à alimenter un pot commun destiné à l'aide à la production et à la réalisation. Elle n'est pas destinée uniquement à la production locale.

Depuis la mise en place de la TSA en 1948, les DROM en ont toujours été exclus.

...qui fera augmenter les tickets

"Nous allons de toute façon devoir augmenter le prix du billet. Mon exemple à moi c'est que sur le prix du billet de Madiana on va rajouter 40 centimes. Ce qui va permettre d'augmenter le chiffre d'affaire de 1 à 3 % malgré une baisse de la fréquentation. C'est pour pouvoir absorber les 3% de TSA de cette année. On sait très bien qu'à 10% nos territoires ne sont pas capables d'augmenter le prix du billet.  1 euro ça paraît ridicule mais La Réunion l'a fait et ils n'ont augmenté leur chiffre d'affaires que de 0,13%", explique Alexandra Elizé, la présidente du syndicat des exploitants de Cinéma Outre-mer.

Pas de cinéma à Rivière-Salée

Outre les conséquences sur le prix des billets, cette hausse programmée de la TSA aura un impact sur l'emploi au sein des complexes cinématographiques et sur l'investissement.

En effet, le projet d'ouverture d'un cinéma à Rivière-Salée est fortement compromis. "On a un projet de cinéma à Rivière-Salée, il est en stand by. Si nous n'avons pas un taux réduit de TSA, je n'ai pas envie d'investir là-bas", prévient Alexandra Elizé.

Le medef France, les cci de Martinique et de Guadeloupe, les sénateurs et députés des 4 départements, la fédération nationale des cinémas français, la fédom soutiennent le Secom dans sa démarche.